Marge réelle de chantier : ce que le devis ne vous dit pas

Vous savez combien vous avez facturé. Vous savez à peu près combien vous avez acheté. Mais savez-vous combien le chantier de la rue des Lilas vous a rapporté, une fois comptées les 14 heures passées en plus, les trois allers-retours chez le grossiste et la journée du compagnon qui a repris le carrelage ? La plupart des gérants de PME du bâtiment découvrent leur marge une fois par an, dans le bilan, globalement. Trop tard pour corriger quoi que ce soit. La marge réelle se mesure chantier par chantier, dès la fin des travaux, en confrontant ce que vous aviez prévu au devis avec ce que vous avez réellement dépensé.

Ce que cache la marge du devis

Prenons un chantier de rénovation de salle de bain vendu 12 000 euros HT. Au devis, vous avez prévu 4 200 euros de fournitures, 80 heures de main d'œuvre à 30 euros de coût chargé, soit 2 400 euros, et 600 euros de sous-traitance carrelage. Marge prévue : 4 800 euros, soit 40 %. Sur le papier, tout va bien. Mais ce calcul suppose que les 80 heures seront respectées, que les fournitures seront achetées au prix prévu, et qu'aucun imprévu ne viendra s'ajouter. Dans le bâtiment, ces trois hypothèses sont rarement toutes vérifiées en même temps.

Dans la réalité, la dépose a révélé un mur humide à traiter, 6 heures de plus. Le receveur commandé n'était pas disponible, le remplaçant coûte 140 euros de plus. Le client a demandé une niche supplémentaire, 4 heures, non facturées parce que « ce n'était pas grand-chose ». Le compagnon a fait deux allers-retours au dépôt, 2 heures. Bilan : 92 heures au lieu de 80, 4 340 euros de fournitures au lieu de 4 200. La marge réelle tombe à 4 300 euros, soit 36 %. Ce n'est pas catastrophique, mais multiplié par 40 chantiers, l'écart dépasse 20 000 euros sur l'année.

Je pensais gagner ma vie sur les petites interventions. En regardant chantier par chantier, j'ai vu que les dépannages à 300 euros me coûtaient de l'argent. J'ai revu mes forfaits déplacement.Nadia R., gérante en plomberie, Marseille

Mesurer le réel sans y passer ses soirées

Pour connaître la marge réelle, il faut trois chiffres par chantier : les heures réellement passées, les achats réellement effectués, et les dépenses annexes : location de matériel, benne, repas, carburant. Le piège classique, c'est de vouloir tout reconstituer après coup, à partir des factures fournisseurs et des souvenirs de chacun. Cela prend deux heures par chantier, donc personne ne le fait. La seule méthode qui tient dans le temps consiste à saisir ces données au fil de l'eau : le technicien pointe ses heures sur le chantier, la commande est rattachée au chantier dès sa création, la note de frais est photographiée le jour même.

C'est précisément ce que permet un logiciel de gestion de chantier. Dans Kadrilis, chaque heure pointée, chaque commande et chaque dépense viennent s'ajouter automatiquement au chantier concerné. La fiche affiche en permanence le prévu, le réel et l'écart, en euros et en pourcentage. Vous n'attendez plus la fin des travaux pour savoir que vous dérapez : à mi-chantier, si les heures consommées dépassent déjà 60 % du prévu pour 40 % d'avancement, vous le voyez, et vous pouvez réagir, en recadrant l'équipe ou en facturant un avenant pour les travaux supplémentaires.

Une fois cette habitude prise, les chiffres parlent. Vous découvrez que les chantiers de dépannage à moins de 500 euros vous font perdre de l'argent à cause des déplacements. Que tel type de pose prend systématiquement 20 % d'heures en plus que prévu, et qu'il faut corriger l'ouvrage type. Que tel client vous fait perdre de la marge à chaque fois par ses demandes « au passage ». Ces constats valent de l'or : ils vous permettent d'ajuster vos devis, de choisir vos chantiers et d'arrêter de travailler pour rien. La marge réelle n'est pas un chiffre de comptable, c'est votre outil de pilotage.

  • Calculer la marge prévue de chaque devis avec votre coût horaire chargé réel.
  • Rattacher chaque commande fournisseur au chantier concerné dès sa création.
  • Faire pointer les heures sur le chantier le jour même, pas en fin de semaine.
  • Comparer le prévu et le réel à mi-chantier pour réagir avant la fin.
  • Facturer un avenant pour toute demande supplémentaire au lieu de l'offrir au passage.
  • Corriger vos ouvrages types quand un écart se répète sur plusieurs chantiers.

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